Archives in the UK

Lors d’un petit séjour estival outre Manche qui a eu lieu en plein pendant les évènements titrés « anarchy in the UK » (1) dans les quotidiens britanniques, je suis tombé sur le dernier numéro du magazine anglais Family history qui s’adresse à un public généalogiste. Ce numéro m’a interpellé car il contient un important dossier sur la question des archives en Grande-Bretagne. Sous le titre « Support your local archives », il propose trois rubriques intéressantes : une carte qui recense les services d’archives britanniques, un article très pédagogique sur la façon de consulter des archives dans les dépôts britanniques et un article de fond sur la question du devenir des archives en Grande-Bretagne. Je me contente ici de résumer ce dernier article, qui m’a semblé très intéressant si on compare la situation en Grande Bretagne avec la situation en France. Cet article a été rédigé à partir de propos recueillis auprès de John Chandler (président de l’ARA, Archivists and Records Association), David Mander (directeur des Archives de Londres) et Patricia Methven (directrice des Archives du King’s College, Londres).

L’article nous apprend tout d’abord que les comtés et arrondissements en Angleterre et au Pays de Galles s’occupent eux-mêmes de leurs archives et que chacun a une gestion qui lui est propre. A l’exception du comté du Bedfordshire, tous les services d’archives ont été créés après la seconde guerre mondiale et ils sont généralement gérés par un conseil local ou par un consortium de conseils. Avec la crise, depuis quelques années, les services d’archives britanniques subissent de graves restrictions budgétaires, qu’il s’agisse des Archives nationales ou des services d’archives des comtés. De nombreuses restructurations sont en cours et de nombreux postes d’archivistes sont gelés. Cette conséquence de la crise va jusqu’à toucher le prestigieux service des archives du métro londonien, le London Metropolitain Archives. Et dans le pire des cas, des services d’archives comme celui de la Hammersmith and Fulham local studies library à Londres ont été contraint de fermer.

Afin de parer à ces conséquences néfastes de la crise, les archivistes anglais, fort de leur pragmatisme, ont développé des solutions de partenariat et d’échanges. Un certain nombre de comtés ont commencé à partager leur « back office » pour la gestion des archives : les finances et ressources humaines principalement. Une autre solution est d’externaliser la gestion des archives, comme cela s’est fait dans le grand quartier londonien d’Hammersmith. Par ailleurs, des services d’archives font de plus en plus appel à des volontaires bénévoles, ce qui va dans le sens du concept de « Big Society » prôné par l’actuel gouvernement britannique. Le Worcestershire Record Office a par exemple fait appel à 35 volontaires pour classer les archives de la ville de Worcester. Cet usage de volontaires non professionnels est assez mal perçu de la part des archivistes professionnels anglais membres de l’ARA, ce qui se comprend. Ces dernier ont dénoncé ces pratiques, les jugeant abusives car tendant à considérablement freiner le recrutement d’archivistes professionnels.

Bien que l’investissement en faveur des archives soit souvent secondaire en Grande-Bretagne, certaines villes bénéficient de splendides infrastructures de construction récente (Exeter et Cardiff notamment) ou en construction. À Worcester, un bâtiment qui ressemblera les archives de la ville et du comté, la bibliothèque de la ville et de l’université au sein d’un projet architectural original dénommé « Hive » est en cours de construction. Par ailleurs, comme en France, de nombreux services d’archives mettent en ligne leurs inventaires et fonds d’archives numérisés. Un travail souvent réalisé par des prestataires privés ou par le biais de projets collaboratifs initiés par les Archives nationales, comme le « Access to Archives ». Des projet de plus petite envergure existent par ailleurs au Pays de Galles ou en Écosse. A Londres, 123 organismes de conservation d’archives (services d’archives, bibliothèques et musées) travaillent ensemble pour offrir un catalogue commun : l’AIM25.

En lisant cet article, on se rend compte que la France et la Grande-Bretagne, malgré des différences historiques, culturelles et organisationnelles, se ressemblent pour ce qui est  du travail fournis par les archivistes pour faire vivre ce matériau irremplaçable de l’histoire et du patrimoine national qu’est l’archive.

(1) En référence à la chanson du groupe anglais Sex pistols.

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