mai 31, 2009
Un poème d’Hölderlin
Mnemosyne, c’est aussi un magnifique hymne d’Hölderlin. Et je ne résiste pas à l’envie de mettre son premier paragraphe ici, toujours en guise de prologue…
Mûrs, dans le feu où ils cuisent, plongent
Les fruits, et par la terre éprouvée, une Loi voulant
Qu’en elle tout rentre, ainsi que les serpents,
Prophétiques, rêvant sur
Les collines du ciel. Et il reste beaucoup,
Telle sur les épaules une charge
De bûches, à maintenir. Mais mauvais
Sont les chemins. Oui, rompant,
Comme les chevaux, vont, captifs,
Les éléments, les vieilles
Lois de la terre. Et toujours
Dans l’étendue sans frein va un souhait. Mais
beaucoup
A maintenir. Et, la fidélité, nécessaire.
En avant, cependant, en arrière, nous ne désirons
point
Voir. Nous laisser bercer comme
Dans un vacillant canot de la mer.
Traduction d’André du Bouchet (Poésie/Gallimard, 2008)