Un poème d’Hölderlin

Mnemosyne, c’est aussi un magnifique hymne d’Hölderlin. Et je ne résiste pas à l’envie de mettre son premier paragraphe ici, toujours en guise de prologue…

Mûrs, dans le feu où ils cuisent, plongent

Les fruits, et par la terre éprouvée, une Loi voulant

Qu’en elle tout rentre, ainsi que les serpents,

Prophétiques, rêvant sur

Les collines du ciel. Et il reste beaucoup,

Telle sur les épaules une charge

De bûches, à maintenir. Mais mauvais

Sont les chemins. Oui, rompant,

Comme les chevaux, vont, captifs,

Les éléments, les vieilles

Lois de la terre. Et toujours

Dans l’étendue sans frein va un souhait. Mais

beaucoup

A maintenir. Et, la fidélité, nécessaire.

En avant, cependant, en arrière, nous ne désirons

point

Voir. Nous laisser bercer comme

Dans un vacillant canot de la mer.


Traduction d’André du Bouchet (Poésie/Gallimard, 2008)

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