Revue de presse en retard

Voici plusieurs mois que ce blog est au point mort… Il faut dire que la préparation du déménagement de plusieurs centaines de mètres d’archives ne me laisse pas beaucoup de loisirs.

J’avais pourtant prévu depuis le mois de mars une revue de presse pour ce blog sur la « prise de conscience » récente des problèmes de la conservation à long terme des documents numériques par le grand public, à commencer par Pierre Assouline et son fameux blog La république des livres. Ce dernier évoque ce problème dans un message daté du 22 mars dernier intitulé « Les archives Rushdie victimes d’une fatwa numérique ». Il explique que Rushdie a récemment fait don de ses archives personnelles à l’Emory University d’Atlanta, comprenant 18 gigaoctets de données : « Le paradis annoncé des biographes, chercheurs et fouille-merde ». Un paradis qui s’avère être en réalité un véritable cauchemar, car la plupart de ces données ne sont plus lisibles, bien évidement !

Dans le même registre de la découverte d’un grave problème contemporain, Laurent Checola, journaliste du Monde, s’interroge sur le devenir des données numériques à l’épreuve du temps… L’intérêt de cet article, qui n’apprendra rien aux archivistes et autres professionnels de la gestion de l’information et de la documentation, réside dans un lien vers les conclusions d’un récent rapport de l’Académie des sciences donnant des recommandations sur la conservation à long terme des informations numériques. Ce qui me semble intéressant ici, au-delà du ton urgentiste des conclusions du rapport, c’est le point de vue prosaïque  – mais néanmoins réaliste – du coût que représentent les sauvegardes des données personnelles des citoyens dans les années et décennies à venir. L’enjeu sociétal et patrimonial du « gage d’avenir » qu’est l’achive (J. Derrida) est bien par ailleurs économique et financier et il y a là un secteur de l’industrie de pointe à développer selon ce rapport.

Enfin, comment faire pour sensibiliser ses collègues à la préservation des données numériques ? J’avais abordé le sujet lors de la journée d’études du réseau AURORE en juin 2009 et l’idée suit son cours bon an, mal an. J’ai tout d’abord rédigé un petit topo à propos de l’archivage numérique sur le site Internet de mon service d’archives, dans sa rubrique « archivistique ». Par ailleurs, j’ai récemment rédigé avec un informaticien un petit topo paru dans la Lettre de l’EHESS, sur les vieux supports informatiques stockés ça et là dans les armoires et recoins obscurs de la Maison des sciences de l’homme de Paris, dont l’EHESS doit déménager à la fin de l’année. J’ai eu quelques retours positifs, mais je ne sais pas ce que ça a donné concrètement… Affaire à suivre donc. En attendant, bonnes vacances aux juillettistes !

Illustration : affiche réalisée par D. Fest pour le service des archives de l’EHESS.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s