Les archives de la géopoétique

En complément de l’entretien avec Kenneth White publié dans le dernier n° de La Gazette des archives (Varia, n°223, 2011), je reproduit ici le texte de préparation d’une séance de l’atelier de Christian Hottin et de Yann Potin sur la collecte des archives, durant laquelle j’avais évoqué ce sujet (École nationale des Chartes, juin 2009). La fin du texte n’est pas rédigée mais elle renvoie au contenu de l’entretien lui-même.

Je ne vais pas présenter le point de vu d’un collecté ou d’un collecteur mais le regard d’un archiviste sur un écrivain qui a décidé de déposer ses archives à l’IMEC en en faisant au préalable lui-même le classement.

Présentation de Kenneth White

Kenneth White est un poète et penseur d’origine écossaise né en 1936, qui a choisi comme lieu de résidence la Bretagne après des études de lettres et de philosophie à Glasgow et à Munich et après avoir vécu à Paris puis à Pau. Il habite à Trébeurden près de Lannion, sur la côte nord de la Bretagne depuis plus de 20 ans. Il est l’auteur d’une œuvre importante : une trentaine d’ouvrages personnels et une centaine de livres auxquels il a participé : ouvrages d’artistes, entretiens, préfaces… Son œuvre a été récompensée par nombreux prix (dont le grand prix du rayonnement français de l’Académie française) et est traduite dans de nombreuses langues.

Il est difficile de résumer les tenants et aboutissants de son œuvre en quelques mots… On peut dire qu’elle puise dans les diverses branches du savoir : la littérature, l’art, la philosophie, les sciences naturelles et humaines, les sagesses orientales… A la recherche d’un nouveau rapport de l’homme au monde. Il est un poète, au sens large qu’on peut donner à ce mot : quelqu’un à la recherche d’un langage universel. Il part du principe que toute culture est partielle mais qu’il existe un tel langage universel. Malgré la multiplicité des cultures, ce langage trouve un foyer commun dans l’ancrage de l’homme avec la nature. Pour Kenneth White, la nature est le seul lien indéfectible qui unit les hommes, contrairement aux divers autres liens (sociaux, religieux, politiques) qui varient à travers les âges et les sociétés. Il y a pour lui dans chaque culture une présence de ce lien à la nature, dans divers productions intellectuelles (littéraires, artistiques, scientifiques) et il convient pour lui de le rappeler ; c’est du moins la tâche qu’il s’est assigné en tant que poète. Kenneth White a inventé un terme pour désigner cette approche : la géopoétique.

Ses œuvres, rédigées dans sa langue maternelle et en français (traduites par sa femme, d’origine française) se déclinent en trois principaux genres :
– des poèmes (en prose ou en haïku) : un recueil est paru dans la collection Poésie de Gallimard en 2007, intitulé Un monde ouvert, anthologie personnelle ;
– des essais ; comme sa thèse : L’esprit nomade qui a été rééditée dans la collection le livre de poche en 2008 ;
– et ce qu’il appelle des « way books » ou « livres du chemin », dans lesquels il prend pour thème général un voyage, par exemple : Le rodeur des confins, publié chez Albin Michel en 2006.

Ses influences littéraires sont multiples et variées, et K. White aime à en parler dans ses essais, par exemple dans Les affinités extrême (paru en février 2009) où il fait une lecture admirative de Rimbaud, Victor Segalen, André Breton, Emil Cioran… Bien qu’il ait professé à Paris dans des grandes universités (Paris 7 et la Sorbonne), Kenneth White n’a jamais été rattaché à une institution en particulier, étant par nature ce qu’il appelle un « nomade intellectuel ». Néanmoins, il a créé il y a quelques années un institut, dénommé l’Institut de géopoétique, dont le siège social se trouve chez lui, en Bretagne. Cet institut a des antennes dans des pays francophones du monde entier et il a émet périodiquement un bulletin : les Cahiers de géopoétique (Isolato).

Ma rencontre avec K. White et l’entretien au sujet des archives

J’ai été amené à rencontrer Kenneth White  au mois d’août 2008, lors de mes congés que je passais  en Bretagne. J’ai connu Kenneth White grâce à un ami qui, sachant que j’apprécie ses livres, m’a invité à prendre contact avec lui. Nous avons échangé quelques mails et un jour il m’a parlé spontanément de ses archives. Sachant que je suis archiviste, il m’a invité à venir lui rendre visite chez lui avant que tous ses documents partent à l’IMEC. Je n’ai pas enregistré nos échanges lors de ma visite chez lui et de nombreux points qui ont été abordés dans la discussion de façon informelle ne se retrouvent pas dans notre entretien réalisé par la suite.

A priori la question de la collecte se rapporte à la première partie de l’entretien, mais ne sachant pas que j’allais en parler lors de cet atelier je n’ai pas posé de question ayant directement trait à cette question. Néanmoins plusieurs questions abordent indirectement la collecte.  Tout d’abord la question des archives n’est pas une question qui s’est posé tardivement pour KW, au contraire, il se l’est posé très tôt, dès ses premiers écrits. Il a confié ses premiers manuscrits à la Bibliothèque nationale d’Écosse il y a plus de vingt ans, un dépôt existe donc depuis longtemps à Édimbourg. Plus tard, à la suite de son installation dans les Pyrénées-Atlantiques, grâce à l’initiative d’une universitaire de Bordeaux dénommée Michèle Duclos, un fonds documentaire (articles de lui et sur lui, thèses et mémoires, enregistrements de ses cours et conférences, etc.) fut constitué à la bibliothèque universitaire de Bordeaux, qui fut par la suite transféré, pour une meilleure gestion et plus de facilité d’accès, à la bibliothèque municipale de la ville. Ce fonds a été transféré récemment à l’IMEC pour former un tout cohérent.

Pour lire l’entretien avec Kenneth White (illustré), commander le n° de la Gazette des archives « Varia », n°223 (2011-3) :

http://www.archivistes.org/Varia,1734

Illustration : dossiers dans l’atelier de Kenneth White © Serge Picard.

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