Archives ouvertes et données de la recherche

Dans le monde académique, on parle depuis plusieurs années des « archives ouvertes »… « Drôle d’expression », diront les archivistes qui n’officient pas dans le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche… Qu’est-ce que l’expression « archives ouvertes » désigne ? Des fonds ouverts en opposition à des fonds clos ? Des archives communicables en opposition à des archives non communicables en vertu du code du patrimoine ? Des archives découvertes récemment et de ce fait « ouvertes » depuis peu aux chercheurs ? Des documents d’archives numérisés et mis en ligne sur le web ?

Non, rien de tout cela. « Archives ouvertes », traduction de « open archives » sert à désigner les plateformes numériques de dépôt de publications en tous genres par les chercheurs (articles, chapitres d’ouvrages) pour des fins de partage de l’information. La plateforme ou « Archive ouverte » la plus connue en France est la plateforme du CNRS : HAL. Des établissements ont aussi leurs propres plateformes comme c’est le cas à Sciences Po avec la plateforme SPIRE. La création des plateformes d’archives ouverte s’inscrit dans le mouvement international de l’Open access (libre accès en français) qui existe depuis le début des années 90 et qui s’est fortement développé ces dernières années comme un modèle de mise à disposition des résultats de la recherche scientifique.

Depuis quelques temps une nouvelle expression, elle aussi issue du domaine de la recherche, a vu le jour : la gestion des données de la recherche… De quoi parle-t-on ? Des données collectées par les chercheurs, toutes disciplines confondues, en amont de la publication de résultats de travaux sur des plateformes numériques ou dans des ouvrages et revues traditionnelles. Ces données ont été collectées dans un objectif précis, mais elles s’avèrent être de plus en plus réexploitables ultérieurement par d’autres chercheurs. Ces données non validées et non publiées, ou « matériaux brutes » collectés par les chercheurs pour leurs travaux sont des archives scientifiques courantes, dans la terminologie archivistique française. Un peu partout en France, et à l’étranger, des conférences, journées d’études, colloques sont organisés sur ce sujet.

Avec l’emploi prédominant de l’expression « données de la recherche » au détriment de la question des archives scientifiques, le rôle des archivistes dans la gestion du cycle de vie des données scientifiques semble minimisé au profit d’une vision évanescente et décontextualisée des données scientifiques. Or, les professionnels concernés par la gestion de l’information scientifique sont unanimes sur la nécessité de conserver, valoriser, réutiliser les données de la recherche. Cette gestion nécessite de nouveaux process métiers, car elle ne se fait pas de la même manière que pour les documents traditionnels, mais il semble important de ne pas négliger les notions archivistiques. Parmi ces notions, notons le cycle de vie des documents, la contextualisation de l’information, le respect de l’intégrité.

Un vaste chantier s’ouvre aux archivistes, bibliothécaires, informaticiens et chercheurs qui travaillent de concert sur cette problématique de la gestion des données de la recherche.

Pour en savoir plus, le point de vue d’une archiviste avisée sur le sujet : http://lotteauxfraises.wordpress.com/

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