Appel à communication « archiver la recherche : responsabilités partagées »

La section Aurore (archives des universités, rectorats, organismes de recherche et mouvements étudiants) de l‘Association des archivistes français organise une journée d’études sur le thème de la responsabilité dans la gestion des archives de la recherche.
Structurer les données et documents, gérer la preuve, constituer un patrimoine scientifique, … Ces enjeux font appel à plusieurs compétences et corps de métiers : archivistes, documentalistes, enseignant-chercheurs, étudiants, informaticiens, juristes etc. Les organisateurs de cette journée d’études leur proposent d’échanger leurs réflexions autour de plusieurs axes : les acteurs, les types de responsabilités qui leur incombent, les objets sur lesquelles s’exerce la responsabilité et les moyens mobilisés.

Les propositions sont à envoyer à colloques.archives@inserm.fr sous forme d’un résumé de 200 mots accompagné d’une brève biographie. Les présentations dureront 20 minutes.

Version complète de l’appel :
Date limite d’envoi : 31 janvier 2016.
Le comité scientifique : Hélène Chambefort (pres.), Pascal Descamps, Marie-Agnès Dubos, Camille Fayet-Montagne, Margot Georges, Ophélie Girard, Emmanuelle Giry, Julien Pomart.Le comité d’organisation : Sophie Dikoff (pres.),  Ioanna Kasapi, Landry Riche, Lina Sbeih, Océane Valencia

Coordination : Sarah Cadorel, Magalie Moysan

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L’archive – O arquivo

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Le dernier numéro de la revue Sigila, revue transdisciplinaire franco-portugaise sur le secret, consacre son dossier principal à l’archive.

http://www.editions-msh.fr/livre/?GCOI=27351100705050

J’ai eu le plaisir d’y publier un texte de réflexions autobiographiques sur « La vie secrète de l’archiviste ». Et j’ai aussi eu le plaisir d’en faire un petit article-compte rendu pour Ent’revues (le journal des revues culturelles).

http://www.entrevues.org/aufildeslivraisons/sigila-36-larchive-o-arquivo/

Vers une archivistique pragmatique et intégrée

Je viens de mettre en ligne mon article « Vers une archivistique pragmatique et intégrée ». Il s’agit d’une réflexion sur la pratique archivistique contemporaine, qui aborde :

  • La question des procédures de description des fonds d’archives : comment adapter le travail des archivistes dans un environnement hybride, à la fois papier et numérique ?
  • Le rôle de l’auto-évaluation de la qualité du service rendu aux usagers des services d’archives : qu’est-ce que l’expertise des professionnels des bibliothèque peut apporter ?
  • Le leadership de l’archiviste au sein du continuum documentaire contemporain : quel est le rôle de l’archiviste dans une organisation souhaitant gérer ses documents d’activité en plus de ses archives ?

Pour le lire, cliquer sur le lien ci-dessous :

https://www.academia.edu/15345250/Vers_une_archivistique_pragmatique_et_int%C3%A9gr%C3%A9e

« Quelle mémoire pour l’éducation et la recher­che ? Sélection et tri des archi­ves, docu­ments et don­nées », Journée d’étude de la section AURORE de l’AAF le 5 novem­bre 2015

Journée interne du 5 novem­bre 2015
réser­vée aux mem­bres de la sec­tion Aurore

08h30 : Accueil
09h00 : Ouverture
Jean MILLERAT – Directeur de l’Innovation, CNED
Nadège GOHIER – Archiviste, res­pon­sa­ble de pro­gramme, CNED
Charlotte MADAY – Présidente de la sec­tion AURORE, res­pon­sa­ble du bureau des archi­ves, Université Paris-Diderot

09h30 : 1ère ses­sion : Réglementation et poli­ti­ques d’entrée
Président : Fabien OPPERMANN – Chef de la mis­sion des archi­ves et du patri­moine cultu­rel,
Ministères de l’Education natio­nale, de l’Enseignement supé­rieur et de la Recherche
09h30 : Les cir­cu­lai­res de tri des archi­ves des ser­vi­ces et établissements concou­rant à l’Éducation natio­nale et à la recher­che (1932-2015)
Ludovic BOUVIER – Adjoint à la res­pon­sa­ble du ser­vice des archi­ves, Rectorat de Paris
Stéphanie MECHINE – Responsable du ser­vice des archi­ves, Rectorat de Paris
09h50 : Pour une appro­che sélec­tive de la col­lecte des archi­ves contem­po­rai­nes : la métho­do­lo­gie en usage aux Archives dépar­te­men­ta­les de la Savoie
Sylvie CLAUS – Directrice-adjointe, Archives dépar­te­men­ta­les de la Savoie
10h10 : Les archi­ves de l’Éducation aux Archives dépar­te­men­ta­les de la Gironde (de 1930 à nos jours)
Pascal GENESTE – Directeur-adjoint, res­pon­sa­ble de la col­lecte et du trai­te­ment des fonds, Archives dépar­te­men­ta­les de la Gironde
10h30 : Questions et pause

11h00 : 2ème ses­sion : Trier, une pra­ti­que au cas par cas
Président : Myriam FAVREAU – Chef du ser­vice des Archives, Région Poitou-Charentes
11h00 : Etude du cas de la cons­truc­tion d’établissements d’ensei­gne­ment supé­rieur à la Région Ile-de-France
Pierre-Régis DUPUY – Archiviste, Région Ile-de-France
11h20 : Collecte et tri des archi­ves scien­ti­fi­ques d’un centre de recher­che nucléaire : retour d’expé­rience de la cel­lule archi­ves du centre du CEA de Marcoule
Frédérick LAMARE – Responsable de la cel­lule archi­ves du centre de Marcoule, Direction de l’Energie Nucléaire (DEN) du Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alter­na­ti­ves (CEA)
11h40 : Sélectionner les don­nées pour l’archi­vage : réflexions et pra­ti­ques au sein de la pla­te­forme PAC du CINES
Lorène BECHARD – Archiviste, Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur (CINES)
12h00 : Questions

12h15 : Repas

13h45 : 3ème ses­sion : La sélec­tion, une ques­tion de négo­cia­tion
Président : Goulven LE BRECH – Responsable de la Mission Archives, Sciences Po, Paris
13h45 : L’astro­phy­si­cien et l’archi­viste : un exem­ple de col­la­bo­ra­tion entre archi­viste et cher­cheur
Marie-Agnès DUBOS – Archiviste, Observatoire de Paris
14h05 : Évaluer les archi­ves de la dif­fu­sion et de la valo­ri­sa­tion des savoirs : étude de cas
Julien POMART – Responsable du Pôle Archives, fon­da­tion Maison des Sciences de l’Homme, Paris
14h25 : Patrimoine et déma­té­ria­li­sa­tion : un projet global de conser­va­tion de la mémoire à l’uni­ver­sité François-Rabelais de Tours
Anne AZANZA-SANCIAUD – Vice-pré­si­dente délé­guée au patri­moine, direc­trice-adjointe du ser­vice commun de docu­men­ta­tion, Université François-Rabelais de Tours
Lucie LEPAGE – Archiviste, Université François-Rabelais de Tours
14h45 : Questions et pause

15h15 : 4ème ses­sion : Les rai­sons de la col­lecte
Président : Fabrice VIGIER – Maître de confé­ren­ces en Histoire, res­pon­sa­ble du diplôme d’uni­ver­sité « Archives et métiers des Archives », Université de Poitiers
15h15 : Sauvegarder la mémoire des citoyen­ne­tés étudiantes et uni­ver­si­tai­res. Quelles sélec­tions pour quels usages ?
Ioanna KASAPI – Etudiante en master II pro­fes­sion­nel « métiers des archi­ves » à l’Université Paris VIII, archi­viste sta­giaire à la Cité des Mémoires Etudiantes
15h35 : Histoire de l’émergence d’un champ de recher­che en éducation : de la cons­ti­tu­tion d’une mémoire asso­cia­tive à la publi­ca­tion d’une recher­che inter uni­ver­si­taire
Françoise LAOT – Professeure des uni­ver­si­tés en socio­lo­gie (HDR) à l’Université de Reims Champagne Ardennes, direc­trice du Centre d’études et de recher­ches sur les emplois et les pro­fes­sion­na­li­sa­tions (CEREP), pré­si­dente du Groupe d’études – Histoire de la for­ma­tion des adul­tes (GEHFA)
15h55 : Questions

16h05 : Le groupe de tra­vail « Cadre métho­do­lo­gi­que » de la sec­tion AURORE : réflexions et échanges autour d’une har­mo­ni­sa­tion des pra­ti­ques d’échantillonnage
Élisabeth HELY-DESCHAMPS – Responsable du ser­vice des archi­ves, Université Paris Dauphine, ani­ma­trice du groupe de tra­vail de la sec­tion AURORE sur le cadre métho­do­lo­gi­que pour l’évaluation, la sélec­tion et l’échantillonnage des archi­ves publi­ques (comité inter­mi­nis­té­riel aux Archives de France, juillet 2014)
16h20 : pause

16h30 : Conclusion
Benoît JULLIEN – Directeur des Archives dépar­te­men­ta­les de la Vienne

17h00 : Fin de la jour­née d’étude.

Lieu :

Université de Poitiers (matin)
Services cen­traux, Bâtiment E5
15 rue de l’Hôtel Dieu – 86073 Poitiers
Rectorat de Poitiers (après-midi)
22 rue Guillaume VII le Troubadour – 86022 Poitiers (salle de réu­nion 1 – France Bloch-Serazin)

Centre natio­nal d’ensei­gne­ment à dis­tance (CNED)
2, avenue René Cassin
86360 Chasseneuil-du-Poitou
Accessible en 30 min. depuis Poitiers par les lignes de bus 1, 1E et 1b
(arrêts : Gare SNCF et Téléport 2)

Contacts :
Contact établissements d’accueil : Alice Donnadieu
Rectorat de l’aca­dé­mie de Poitiers- DSDEN de la Vienne
22 rue Guillaume VII le Troubadour – 86022 Poitiers
Tél. : 05.16.52.63.97
Courriel : alice.don­na­dieu@ac-poi­tiers.fr

Contact AURORE : Florian Marie
Rectorat de l’aca­dé­mie d’Orléans-Tours
21 rue Saint-Etienne – 45000 Orléans
Tél. : 02.38.79.45.89
Courriel : flo­rian.marie@ac-orleans-tours.fr

Contact Association des archi­vis­tes fran­çais (AAF)
8 rue Jean-Marie Jégo – 75013 Paris
Tél : 01.46.06.39.44
Courriel : secre­ta­riat@ar­chi­vis­tes.org

Lien : http://www.archivistes.org/Journee-d-etude-de-la-section-2526

Archivistes de 2030

Archivistes_2030

J’ai le plaisir, et l’honneur, de participer à l’ouvrage collectif de réflexions prospectives en archivistique ; Archivistes de 2030, publié par l’Université catholique de Louvain.

Quatrième de couverture :

Au cours du dernier demi-siècle les archives ont subi un ensemble de modifications majeures, qu’elles concernent leurs contextes de production, leur nature, leurs conditions de conservation ou leurs modalités d’utilisation et de valorisation.

Chacune de ces mutations affectent immédiatement l’action et la position de l’archiviste, constituant un ensemble de défis que la profession doit relever, tant au niveau de la manière dont s’exercent les responsabilités, anciennes ou nouvelles, qu’en matière de formation, de communication, de promotion ou de partenariat.

En préparation aux Journées des Archives des 23 et 24 avril 2015, trente-cinq archiviste ont accepté de partager leurs réflexions sur le thème « L’archiviste dans quinze ans ». Directeurs d’archives nationales, professeurs d’archivistique, archivistes à différents niveaux du secteur public ou œuvrant dans le secteur privé, gestionnaires d’information ou archivistes patrimoniaux, en activité ou récemment « officiellement » retraités, archivistes d’entreprises, d’universités, responsable d’archives urbaines ou de centres d’archives privés, actifs dans les organisations professionnelles nationales et/ou internationales, blogueurs confirmés, ils constituent un échantillon particulièrement riche des différentes possibilités et milieux d’action de l’archiviste. Et c’est en tant que tel, et en fonction de leur(s) expérience(s) ou de leur lieu d’observation du métier et de la profession, qu’ils proposent à la réflexion de chacun une gamme particulièrement large de points de vues.

Ouvrage coordonné par Paul Servais (professeur ordinaire d’histoire et d’archivistique à l’Université catholique de Louvain) et Françoise Mirguet (historienne, archiviste et directrice-adjointe du service des Archives de l’Université catholique de Louvain).

Archivistes de 2030, réflexions prospectives
L’Harmattan, collection « Academia », 2015, 427 p.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=45801

Le laboratoire de Gabriel Tarde

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Après l’atelier de Louis Guilloux et celui de Marcel Mauss (voir post du 11/02/14) un livre vient d’être publié sur le « laboratoire » du sociologue Gabriel Tarde (1843-1904).

Atelier, laboratoire… Il s’agit dans les deux cas d’évoquer la matière documentaire excédant l’œuvre publiée d’un homme de sciences ou de lettres : ses archives, sa bibliothèque et ses collections documentaires (articles, tirés à part). L’intérêt de ce livre, qui est une publication conjointe des inventaires des archives et de la bibliothèque de Tarde, réside dans son objet même : présenter un sociologue français via sa production documentaire. Il appert que les archives des grands représentants de la sociologie française n’ont pas, jusqu’alors, suscité de monographies de ce type, regroupant instruments de recherche et analyse des archives. Peut-être est-ce dû à un manque de visibilité de ces fonds d’archives au sein du monde de la recherche en sciences humaines et sociales.

Concernant le fondateur de la sociologie au 19ème siècle, un ensemble documentaire existe à la Maison Auguste Comte (Paris), dénommé « fonds d’archives positivistes (manuscrits, correspondance entre disciples positivistes, documents personnels) » (voir le site Internet). Pour la sociologie de l’entre deux guerre, il n’existe semble-t-il pas de fonds de deux grands représentants que sont Émile Durkheim et Max Weber. Il existe cependant plusieurs fonds d’archives du sociologue Célestin Bouglé (à la BNF, à la BDIC et à la Bibliothèque Lettres et sciences humaines de l’ENS) et des fonds d’archives de Maurice Halbwachs et Roger Bastide à l’IMEC. En ce qui concerne les grands représentants de l’après-guerre, plusieurs fonds existent dont certains sont classés et accessibles aux chercheurs. C’est le cas du fonds Raymond Aron, conservé à la BNF, qui a été classé et dont l’instrument de recherche a fait l’objet d’une publication. Le service des archives de l’EHESS a collecté un nombre important de fonds de sociologues de l’après-guerre, dont certains ont créé et dirigé les premiers centres de recherche en sociologie (Georges Gurvitch, Alain Touraine, Raymond Boudon pour ne citer que les plus célèbres). Notons enfin que des archives du sociologue Michel Crozier se trouvent dans le fonds d’archives du Centre de sociologie des organisations (CNRS/Sciences Po), collecté par les archivistes du CNRS et conservé aux Archives Nationales.

Cette petite liste des archives des sociologues est loin d’être exhaustive. Elle témoigne de la diversité des lieux de conservation des fonds d’archives des sociologues et du manque de visibilité de ces fonds. Pour cette raison, nous saluons cette publication sur le laboratoire de Gabriel Tarde, qui pourrait servir d’exemple. Les archives et livres de Tarde se trouvaient originairement à La Roche Gageac (Dordogne), où, tel Montaigne à Bordeaux, le sociologue conservait sa documentation dans la tour d’un manoir familial. De nos jours, les archives et la bibliothèque ont quitté leur lieu de conservation originaire et sont séparés géographiquement : le fonds d’archives Tarde est conservé par le Centre d’histoire de Sciences Po (Paris) et la bibliothèque se trouve au Centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines (CRHCP) de l’École nationale d’administration pénitentiaire (Agen).

L’ouvrage est préfacé par le sociologue et philosophe Bruno Latour, qui résume en quelques pages l’intérêt suscité par les travaux de Gabriel Tarde pour les sociologues contemporains cherchant à dépasser le hiatus entre les deux grands courants de pensée qui ont divisé les sociologues depuis le début du 20ème siècle (holisme VS individualisme méthodologique). Bruno Latour explique en quoi Tarde a été novateur, s’inspirant notamment de la monadologie de Leibnitz, en pensant la sociologie en terme de relation et en évitant ainsi les concepts antinomiques d’individu et de société. De nos jours, les grands représentants du holisme méthodologique occupent le devant de la scène sociologique et le nom de Tarde demeure inconnu du grand public… « Il n’y a rien de nécessairement juste dans la manière expéditive dont l’histoire élimine ses penseurs » explique Bruno Latour, qui termine son avant-propos en émettant le vœu que l’accès aux manuscrits et à la bibliothèque de Gabriel Tarde « enrichira la connaissance de l’œuvre publiée et permettra de continuer de penser avec lui. »

L’ouvrage, coordonné par Louise Salmon, en plus de l’inventaire des archives et de la bibliothèque, présente l’historique du traitement des archives et propose une passionnante analyse de l’exploitation du fonds.

Le laboratoire de Gabriel Tarde, Des manuscrits et une bibliothèque pour les sciences sociales, sous la direction de Louise Salmon, CNRS éditions, 2014, 446 p.