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2010 : la sortie du « digital dark age » ?

En 2001, lors du colloque organisé par le master d’archivistique d’Angers sur la recherche en archivistique, Marie-Anne Chabin disait ceci :

« Pour terminer, je voudrais nous projeter dans l’avenir, disons en 2010, au moment de la rentrée universitaire. Nous sommes conviés à une réunion de présentation des sujets de thèses des doctorants du département archivistique. J’ai la liste des sujets sous les yeux, permettez-moi de vous la communiquer :

– la diplomatique contemporaine et la signature électronique ;

– les relations entre archivistes et historiens au xixe et au xxe siècle ;

– structure d’archives et format de fichier ;

– les effets rétroactifs de la loi et des contrats sur les archives ;

– les relations entre le records management et l’archivistique classique ;

– l’archivistique face à la philosophie, la sociologie et la problématique historique ;

– conséquences de la centralisation de l’archivage électronique sur le métier d’archiviste ;

– l’impact des évolutions politiques et économiques sur les archives, exemple : les archives des groupes issus d’une fusion ;

– tri et recherche historique : objectivité ou subjectivité liée à un public ? ;

– la genèse des textes réglementaires fondateurs affectant les archives ;

– la relation client/fournisseur dans le traitement des archives ;

– les archives « orphelines » : problématique et méthodes spécifiques ;

– mode de production et de circulation de l’information dans l’entreprise : interaction avec les besoins de pérennisation. »

Et elle terminait par ce constat : « Mais quand on y songe, 2010 n’est pas si loin… »

Et maintenant,  à la veille de cette fameuse rentrée de 2010, que peut-on dire des sujets projetés par Marie-Anne Chabin ? Fiction ou prophétisme ?

De cet ensemble hétéroclite de problématiques, deux principaux domaines semblent avoir émergés en archivistique : l’archivage électronique et les digital humanities. Des deux côtés de la chaîne archivistique, des besoins et des compétences ont émergés, ainsi qu’une redéfinition des pratiques professionnelles liées au « tout numérique ».

La problématique de l’archivage électronique se place au début de la chaîne archivistique, du côté de la création des documents numériques. Car avec le « tout numérique » le records management n’est plus seulement un concept à la mode américaine, mais une nécessité méthodologique. La prise en charge des documents à leur stade de « records » est devenue nécessaire pour les organismes mettant en place des systèmes d’archivage électronique, comme la BNF par exemple.

« Digital humanities » est l’expression anglo-saxonne qui, faute de mieux, désigne les « humanités numériques » c’est-à-dire tout ce qui touche à l’autre extrémité de la chaîne archivistique : mise en ligne d’archives numérisées, encodage de manuscrits anciens en TEI, expositions virtuelles… Cette discipline, à la croisée des métiers de l’ingénierie en informatique documentaire, de la recherche scientifique (SHS, l’histoire des sciences, etc.) et de l’archivistique est en pleine expansion et a une bel avenir.

Côté services d’archives, imaginons la création de services d’archives en ligne, collectant et communicant des documents nativement numériques suivant une procédure complètement numérique… Et voici que je me mets à rêver que 2010 sera synonyme d’un premier pas en dehors du « digital dark age » dans lequel nous baignons, nous autres archivistes formés à la fin des 90’s…

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