Archives du mot-clé réseau AURORE

Vient de paraître…

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Le numéro 231 de La Gazette des archives sur « Les archives des établissements d’enseignement supérieur et de recherche » est paru (troisième numéro de l’abonnement 2013).

J’ai eu beaucoup de plaisir à coordonner ce riche numéro avec Charlotte Maday (Université Paris 7 Denis-Diderot), avec l’aide d’Aude Collet (AAF) et je remercie tous les contributeurs.

Quoi de mieux pour bien commencer l’année 2014 !

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PRÉSENTATION

Le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche a connu en une décennie une expansion sans précédent, une sorte de « baby-boom archivistique ». Ce volumineux numéro de La Gazette des archives, en grande partie réalisé par les membres de la section Aurore de l’AAF – archivistes des universités, rectorats, organismes de recherche et mouvements étudiants – en témoigne éloquemment.
Quelles sont les spécificités des archives de l’enseignement supérieur et de la recherche ? Comment se structure la fonction archives dans ce domaine ? Quelles sont les attentes et échanges des principaux acteurs (enseignants, étudiants, chercheurs, ingénieurs, gestionnaires) ? Quelles sont les contraintes rencontrées par les archivistes ?
Telles sont les grandes questions abordées dans ce numéro, révélant la variété des expériences et l’esprit d’innovation des archivistes œuvrant dans ce domaine en pleine mutation.

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SOMMAIRE

Nous ne sommes plus des « fous furieux », par Goulven Le Brech

ARCHIVES DES UNIVERSITÉS, DES RECTORATS ET DES GRANDES ÉCOLES : PERSPECTIVES HISTORIQUES ET PROSPECTIVES

Les archives des universités : une question d’actualité, par Fabien OPPERMANN

Coordonner la gestion des archives courantes de l’université de Louvain : quinze mois de chantier, par Françoise Hiraux

L’université de Strasbourg, premiers pas d’une politique d’archivage dans une université en fusion, par Lucile SCHIRR

L’importance du positionnement de l’archiviste au rectorat de l’Académie de Toulouse, par Hélène GAY

Deux cents ans d’archives à l’École polytechnique : du comptable aux archivistes, par Olivier AZZOLA

De l’École libre des sciences politiques à Sciences Po : les archives d’un laboratoire de projets pédagogiques et scientifiques innovants, par Odile Gaultier-Voituriez et Goulven Le Brech

LA COLLECTE : UNE ACTIVITÉ FONDATRICE DE LA FONCTION ARCHIVES DANS LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE RECHERCHE

Collecter des archives privées en sciences humaines et sociales : l’exemple de la Fondation Maison des sciences de l’homme, par Julien POMART

Cité des mémoires étudiantes : collecter les archives militantes étudiantes. Quelle utilité ? Quelle complémentarité ?, par Jean-Philippe LEGOIS et Marina MARCHAL

Constituer un patrimoine oral à l’université Paris Diderot : une expérience collaborative, par Magalie MOYSAN

Une expérience de collecte mutualisée au Centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, par Isabelle GALLOIS-ROYON

LES ARCHIVES DE LA RECHERCHE, ENTRE ADMINISTRATION ET PRATIQUE DE LA SCIENCE

Le regard croisé de deux établissements publics scientifiques et techniques : le CNRS et l’Inserm, par Marie-Laure BACHÈLERIE et Hélène CHAMBEFORT

L’archivage intermédiaire : un outil puissant de réutilisation des données de la recherche, par Louise CORVASIER

Les archives du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives : organisation de la fonction et exploitation des fonds historiques d’un grand organisme public, acteur clé de la recherche, par Sophie DELMAS et Odile FROSSARD

Archiver les sciences sociales dans leur contexte institutionnel : le cas de l’École des hautes études en sciences sociales, par Brigitte MAZON

Les fonds d’archives personnelles de scientifiques à l’Institut de recherche pour le développement, par Fabien BORDELÈS

LA VALORISATION DU PATRIMOINE ARCHIVISTIQUE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE

Archives nationales : des perspectives renouvelées pour les archives de l’enseignement supérieur et de la recherche, par Emmanuelle GIRY et Catherine MÉROT

Commémoration et valorisation : exemple du 40e anniversaire des universités de Paris et d’Île-de-France, par Ludovic Bouvier et Stéphanie Méchine

Commémorer une naissance, valoriser un service d’archives ? Les 40 ans de l’université de Nanterre, par Anne ROHFRITSCH

Diffuser, valoriser : la publication d’un ouvrage historique sur le Conservatoire de Paris, par Sophie LÉVY

La valorisation des archives de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, par Gilles CHATRY

INFRASTRUCTURES ET RISQUES LIES AUX ARCHIVES DANS LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE RECHERCHE

L’archivage électronique dans l’enseignement supérieur et la recherche : problématique et solutions, par Lorène BÉCHARD

La construction du centre d’archives de l’université de technologie de Compiègne, par Claire ETIENNE

Aménagement de magasins d’archives : adaptation aux contraintes techniques, par Marie-Caroline LUCE

« Que d’eau, que d’eau ! ». Mise en place d’un plan d’urgence après un sinistre, par Marie-Agnès DUBOS

La conservation des archives du rectorat de la Martinique dans le contexte d’une île soumise à de nombreux risques majeurs, par Maryse BURGO et Gilles JEANNE

Avenir à venir…, par Charlotte Maday

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Journée AURORE 2011 : Archives en mouvements

Cette journée d’étude du réseau AURORE qui aura lieu le 21 juin au rectorat de Nantes abordera la question des mouvements d’archives dans les espaces, à travers notamment les déménagements, les externalisations, l’aménagement de bâtiment ou le réaménagement des surfaces de stockage.

Programme

9 h – Accueil

9 h 15-9h 30 – Discours d’ouverture Recteur de Nantes Xavier de la Selle, Président de l’AAF

9 h 40 – Trouver de l’espace.

Préparer la construction d’un bâtiment d’archives, Claire Etienne, Université de technologie de Compiègne

10 h 00 – Externalisation : le prestataire, complément ou concurrent ? Hélène Chambefort, INSERM Cécile Lévy, AFSSAPS

10 h 40 – Problématique de la fonction archives sur un établissement multi-sites. Lucile Schirr, Université de Strasbourg

11h00 – Questions

11 h 10 – Protéger l’espace

Numériser : la réponse à tout ? Claire Cottin, Société Générale

11 h 30 – Mise en oeuvre d’un plan d’urgence suite à un sinistre, Marie-Agnès Dubos, EHESP

11 h 50 – Services d’archives et plans d’urgence en entreprise, Laurent Ducol

12h10-12h20 – questions

12h20-14h00 – Pause déjeuner

14 h – Gagner de l’espace

Refoulement, reconditionnement, éliminations : entre perte de temps et gain d’espace, Hélène Gay, Rectorat de Toulouse

14 h 20 – Les actions du Bouclier bleu, Catherine Cottin, Bouclier bleu

15 h 00 – Changer d’espace

La fonction archives lors d’un déménagement : retours d’expériences, Goulven Le Brech, EHESS

15h 20 – Fusion de sites et fusions d’archives, Anne Bassompierre, rectorat de Nantes et Julia Aumuller et Yvan Le Gallo, Anses.

16h00 – La Cité des mémoires étudiantes ou le déménagement permanent : fragments d’archivistique buissonnière. Marina Marchal, Jean-Philippe Legois, Cité des Mémoires étudiantes.

16 h 20 – Clôture

Lieu :

Rectorat , 8 rue du Général Margueritte, Site Margueritte , 44035 – Nantes, France

Matinée d’études sur les données de la recherche

Données de la recherche : droits et obligations des chercheurs en matière de conservation et d’archivage

Vendredi 27 mai 2011

Université Pierre et Marie Curie (campus Jussieu, tour 46, salle 101)

En partenariat avec l’Université Pierre et Marie Curie, le Réseau AURORE (Archivistes des Universités, Rectorats, Organismes de Recherche et mouvements Etudiants), à travers son groupe de travail sur les archives scientifiques, vous propose une matinée d’études intitulée « Données de la recherche : droits et obligations des chercheurs en matière de conservation et d’archivage des données » le vendredi 27 mai de 9h00 à 12h30 à l’Université Pierre et Marie Curie (4 place Jussieu, Paris 5e).

Après une première séance consacrée aux questions de droit (droit d’auteur, droit des archives), une deuxième partie traitera des problématiques d’archivage à long terme des bases de données et des plateformes de recherche avant d’aborder la thématique de la constitution et de l’exploitation du patrimoine scientifique.

En raison du nombre limité de places, l’inscription auprès d’Isabelle GALLOIS – isabelle.gallois@upmc.fr est obligatoire avant le 23 mai.

Programme :

9h00 – 9h30     Accueil des participants

9h30 – 9h45     Discours d’ouverture

Jean CHAMBAZ, Vice-Président Recherche à l’UPMC

9h45-10h00      Introduction générale

Fabien OPPERMANN, Chef de la mission des archives et du patrimoine culturel, Ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

10h00 – 10h45 Droit d’auteur et droit des archives : un dialogue méconnu

Présidence : Marie-Laure BACHELERIE, responsable du service archives du CNRS

– Valentine DELEUZE, Bureau des accords institutionnels et de la propriété intellectuelle, DGRTT de l’UPMC : Conservation et confidentialité des données liées aux brevets.

– Emmanuel PIERRAT, Cabinet PIERRAT – Questions de droit.

– Sarah CADOREL, projet ELFE – Intégration de la  problématique de la gestion et de la conservation des données à un projet de recherche.

Échanges avec les participants

10h45-11h00     Pause

11h00 – 11h45  Bases de données et plateformes de recherche – Des problématiques spécifiques

Présidence : Hélène CHAMBEFORT, responsable du bureau des Archives à l’INSERM

– Sylvain COLOMER, juriste à l’UPMC : présentation du guide CNIL.

– Aurélien CONRAUX, BNF : Accompagner une collectivité de chercheurs.

– Alain ZASADINSKI, Institut de l’information scientifique (INIST-CNRS) : Présentation du projet SIDR en lien avec les objectifs de conservation pérenne.

Échanges avec les participants

11h45-12h15  Constitution et exploitation du patrimoine scientifique

Présidence : Goulven LE BRECH, EHESS

– David AUBIN, professeur en épistémologie, Histoire des sciences et des techniques

– Véronique GINOUVES, Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme : Donner accès aux archives sonores des sciences humaines et sociales : questions éthiques et juridiques.

– Nathalie DUCHANGE, INSERM : Des archives ouvertes ? Présentation HAL et MédiHAL.

12h15-12h30 – Discussion libre

Le don d’archives : à propos d’une journée d’études

Un évènement a retenu mon attention récemment, qu’il me semble intéressant de mentionner dans ce blog en taggant ce message sous le mot clé « réflexion »… Il s’agit de la journée d’études organisée par la promo 2010-2011 du Master d’archivistique d’Angers, qui a eu lieu le 11 février dernier, à la Maison des sciences de l’homme d’Angers. Le titre de cette journée était : « Le don : une approche renouvelée des archives privées ». Il rassemblait une dizaine de participants venus d’horizons divers autour de cette question du don d’archives privées. Je ne vais pas passer en revue l’ensemble des interventions de cette journées – toutes très intéressantes – mais plutôt relever quelques points qui m’ont semblé très pertinents et ouvrant sur des interrogations inédites en archivistique.

Tout d’abord, avant la question précise du don d’archives, c’est la notion même de don qui a été débattue. L’intervention de Laëtitia Pihel (Université de Nantes, spécialistes des questions relatives au management des ressources humaines), sur « ce que donner veut dire », a été une excellente mise en perspectives. Partant des analyses de Marcel Mauss dans L’Essai sur le don (1950), L. Pihel a expliqué comment l’analyse du phénomène du don/contre-don, équivalent à trois phases (donner/recevoir/rendre) dans les tribus polynésiennes étudiées par Mauss au début du siècle dernier peut toujours servir de modèle de compréhension dans nos sociétés contemporaines occidentales. La complexité de ce qu’une démarche de don implique, en terme de rapports conscients et inconscients entre le donateur et le receveur du don, a par ailleurs été soulignée par une enseignante en psychologie, Alix Bernard (Université d’Angers). Il est apparu (pour le néophyte que je suis concernant ce sujet) que le don implique une responsabilité « en miroir » entre le donateur et le receveur, le donateur concevant son don comme un gage et le receveur comme un cadeau ou une dette, en fonction de la façon dont s’est fait le don. Dans ce registre, ont été évoquées les études d’Alain Caillé et du psychologue anglais Winicott, et il aurait aussi pu être question de Maurice Godelier et de Jacques Derrida, deux figures de l’EHESS qui se sont intéressés à cette problématique anthropologique et philosophique.

Pour ce qui concerne la question plus précise du don d’archives privées, outre des aspects techniques et juridiques (comme la nécessité de bien encadrer la démarche par une lettre de don validée par un juriste), deux aspects ont retenus mon attention. Le premier est le rapport bien particulier au temps qu’engage un don. Le don implique en effet une longue démarche relationnelle entre le donateur et le receveur, la personne qui souhaite faire un don d’archives et l’archiviste responsable de la conservation de fonds privés. Ce point a été souligné par Elisabeth Verry (directrice des archives du Maine-et-Loire) dans son intervention en introduction à la Journée, et par Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay, qui a expliqué comment s’est passé le don des archives de son père aux Archives nationales. Le fonds Jean Zay a attendu plusieurs années avant d’être données dans son intégralité par les descendants de l’homme politique victime du régime de Vichy, pour des raisons de cœur tout à fait compréhensibles de la part des donateurs. Ainsi que l’a souligné Magali Lacousse (Archives nationales), la relation de l’archiviste avec le déposant peut revêtir divers aspects (des plus sympathiques aux plus antipathiques) mais à chaque fois il s’agit d’une relation bâtie dans la durée. Les archivistes travaillent en permanence avec et contre le temps, mais dans ce cas le rapport est un rapport humain avant d’être documentaire. Madame Mouchard-Zay a très bien résumé la chose en évoquant le cas malheureux d’un archiviste lui ayant uniquement demandé la volumétrie des archives de son père, la « forme du fonds », avant même d’avoir parlé du « fond du fonds » si je puis dire.

L’autre aspect qui m’a interpellé pour le cas des dons d’archives est la spécificité de la distinction entre le producteur et le donateur des archives. L’analyse statistique faite par des étudiants du Master d’archivistique d’Angers, à partir des dons d’archives privés réalisés aux Archives départementales du Maine-et-Loire, a été très parlante. Il se trouve que dans bien des cas les donateurs ne sont pas les producteurs d’archives. Cela semble anodin mais c’est en réalité très instructif, si l’on compare la procédure de don d’archives privées à la situation classique d’un producteur d’archives publiques versant ses archives au terme de leur DUA. Rien n’oblige un descendant d’architecte ou d’érudit à donner ses archives à une institution de conservation publique comme un service d’archives départementales. Et la reconnaissance actuelle d’une valeur marchande attaché à des pièces d’archives (manuscrits et lettres d’écrivains notamment) peut conduire à des cas de mise en vente aux enchères de fonds et par voie de conséquence à un éparpillement des fonds fortement nuisible à la recherche. Dans ce registre, l’intervention d’Olivier Corpet, fondateur et directeur de l’IMEC, a été riche d’enseignements. Malgré la reconnaissance du sérieux du travail qui y est effectué, des fonds déposés à l’IMEC (il n’y a pas de dons à proprement parlé à l’IMEC : les fonds restent la propriété des déposants, producteurs ou ayant droits des archives) ont été repris pour être vendus… Une situation qui a incité l’IMEC a inventer une nouvelle procédure de « versement » d’archives privées, à la croisée du dépôt et du don sur le plan juridique.

Dans le domaine qui me concerne à l’EHESS et plus généralement dans les universités et organismes de recherche se pose de plus en plus la question des fonds de chercheurs, dont le statut juridique est « mixte », à la fois public et privé, à la croisée du droit des archives et du droit de la propriété intellectuelle… Comme à l’IMEC, une réflexion est engagée au sein du réseau AURORE au sujet des fonds de chercheurs, concernant les procédures de collecte et de communication de ces archives par les archivistes des universités et organismes de recherche, afin d’éviter la dispersion des fonds chez les collectionneurs et autres fétichistes de la signature.

De retour après la bataille

J’émerge à peine du déménagement de l’École des hautes études en sciences sociales après une longue absence sur ce blog…

Pour signaler tout d’abord un dossier  réalisé dans la dernière Lettre de l’EHESS avec l’équipe des archivistes qui ont participé à l’opération. Un dossier original, qui plutôt que d’énoncer des chiffres et des bilans en mètres linéaires, évoque avec poésie le passionnant métier d’archiviste, ses joies, ses peines et la grande curiosité qui caractérise les archivistes. Je signe pour ma part une petite réflexion sur « la sagesse de l’archiviste »… L’ensemble est lisible ici :

Lettre de l’EHESS, n°38, janvier 2011

Et pour suivre mois après mois ce que fut la gestion des archives de l’EHESS au cours de la préparation de son déménagement, il est intéressant de lire la rubrique tenue par la responsable du service des archives, Brigitte Mazon, dans la Lettre de l’EHESS :

Chroniques du déménagement

Concernant le traitement de fonds d’archives, je suis content d’annoncer la mise en ligne de l’inventaire électronique d’une partie des archives du Fonds Ricoeur. Le Fonds Ricoeur est un ensemble documentaire qui regroupe la bibliothèque de travail personnelle du philosophe, ses archives ainsi que l’ensemble de son œuvre et des commentaires que cette dernière a suscités. Elle est abritée par la Faculté libre de théologie protestante de Paris, où Ricoeur avait donné des cours de philosophie de l’automne 1958 au printemps 1969. J’ai eu le privilège de coordonner le classement et la réalisation de l’instrument de recherche relatif aux cours, séminaires, notes de lectures et interventions du philosophe, sur une période allant de 1930 à 2005. Ce travail a été dirigé par Catherine Goldenstein, chargée de la conservation du Fonds Ricoeur et Noémie Marignier. Ce premier sous-fonds, d’une grande richesse, sera ensuite complété par les sous-fonds des œuvres et de la correspondance du philosophe. Notons par ailleurs la mise en ligne, par Catherine Goldenstein, d’un texte inédit et passionnant de Paul Ricoeur sur « Archives et création ».

http://fondsricoeur.anaphore.org/ead.html?id=FRAFPR_001

Dans le domaine des archives des sciences humaines et sociales, je signale la création d’un « carnet de recherche » (blog collectif de la plateforme Hypothèse du CLEO) ArchiSHS, qui a pour objectif de présenter, diffuser et discuter des réflexions et travaux du Réseau thématique pluridisciplinaire portant sur les archives des sciences humaines et sociales produites par les entités du CNRS. Bertrand Müller coordonne ce RTP auquele je participe. Voici sa présentation : « Il s’agit de faire émerger une réflexion prenant en compte la singularité des archives scientifiques produites par les SHS. En particulier de prendre en compte l’archive dans ses dimensions scientifique (données,preuves), juridique (publique, privée), archivistique (documentaire, matérielle), historique (mémorielle, patrimoniale) ».

Le carnet de recherche ArchiSHS (Hypothèse)

Toujours dans le champ des archives des sciences humaines et sociales, signalons la dernière Lettre de l’IMEC, qui contient un important dossier coordonné par François Bordes sur les fonds d’archives de sciences humaines et sociales conservés à l’Abbaye d’Ardenne. Outre un entretien avec Philippe Artière, ce numéro présente la liste des fonds d’archives des chercheurs en SHS, philosophes et érudits conservés à l’IMEC.

Lettre de l’IMEC (n°12, automne 2010)

Dans le domaine des archives des universités, grandes écoles et organismes de recherche, un guide de l’AMUE (Agence de mutualisation des universités et établissement) vient de paraître, coordonné par le réseau AURORE (archivistes de universités, rectorats et organismes de recherche) et le CINES (Centre informatique nationale de l’enseignement supérieur). Ce guide méthodologique propose un ensemble de fiches sur la gestion des archives au sein d’un établissement d’enseignement supérieur et de recherche. Il est évolutif et a pour principale finalité d’apporter aux directions des établissements dépourvus d’un service archives les éléments indispensables à la conduite d’une réflexion menant à la mise en place d’une démarche cohérente de gestion des archives.

Guide AMUE « Gestion des archives au sein d’un établissement supérieur »

Pour ce qui est de la bonne vieille édition papier, deux livres ont retenu mon attention récemment au sujet des archives. Tout d’abord un ouvrage de Claude Huc, ancien animateur du groupe PIN (Pérennisation des Informations Numériques), au sujet de la conservation des archives électroniques. Encore un des ces ouvrages qui concernent uniquement les organismes et institutions de pointe ?!? Eh bien non, ce n’est pas du tout ça. Car Claude Huc s’adresse ici au particulier, au quidam qui ne s’intéresse pas à toutes ces questions mais qui s’y trouve de fait confronté au quotidien… Le titre de ce livre est très explicite : Préserver son patrimoine numérique – Classer et archiver ses e-mails, photos, vidéos, documents administratifs (Eyrolles, 324 p.).

Voici sa présentation :

« Votre patrimoine numérique est en danger : adoptez les bonnes pratiques et méthodes pour classer tous vos documents et les conserver à moyen ou long terme. Identifiez les périls qui guettent vos fichiers : changements de format et d’encodage, dégradation du support de stockage, virus… Distinguez les documents de travail de ceux, à conserver durablement. Organisez votre patrimoine numérique avec un arbre de référence. Préservez vos courriels à partir d’un webmail ou d’un client de messagerie. Choisissez votre stratégie de stockage et les supports appropriés à vos besoins. Constituez et sécurisez votre patrimoine numérique. Mettez à jour votre patrimoine selon sa croissance. Procédez à des vérifications régulières et renouvelez vos supports. Sauvegardez votre site web, blog, vidéos en ligne… ainsi que vos données présentes sur les réseaux sociaux. »

Un ouvrage semble-t-il indispensable. Et pour changer de style tout en restant dans le registre des archives – disons pour le chevet – je signale un petit ouvrage divertissant et interpellant de Maurice Olender : Matériau du rêve (IMEC, coll « Le Lieu de l’archive », supplément à la Lettre de l’IMEC).

La Pierre de Rosette du quotidien

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Lors de l’ouverture de la dernière journée d’études du groupe AURORE à Montpellier, Stéphane Kraxner (Institut Pasteur) a insisté sur la notion centrale de documentation des données (métadonnées) pour l’archivage électronique pérenne.

Ce qui, dans le train du retour, m’a fait penser à un reportage vu il y a quelques temps sur Arte, à propos de la civilisation Hittite… Cette civilisation d’Asie Mineure est pendant longtemps restée mystérieuse, par faute de documentation à son sujet. Jusqu’au jour où, sur le site archéologique d’Hattusha (Anatolie centrale) où se trouvait la capitale hittite, ont été retrouvées des milliers de tablettes d’argile sur lesquels étaient consignées des informations religieuses (récits mythologiques, descriptions de fêtes et de rituels, hymnes et prières), historiques et politiques (chroniques, annales, traités, correspondances royales, etc.). Cependant, aucun document n’expliquait comment déchiffrer des inscriptions hiéroglyphiques trouvées sur le même site d’Hattusha. Or, ces hiéroglyphiques étaient d’une importance majeure car, après maintes recherches, ils ont permis d’expliquer le déclin de l’empire hittite (dû à une guerre civile).

Plaçons-nous dans le présent. Les langages informatiques actuels peuvent-être comparés à des hiéroglyphiques car ce sont des messages codifiés, qui ne prennent sens qu’à l’aide d’une méta-documentation. La comparaison est peut-être un peu forcée… Mais je la retiens tout de même pour une prochaine discussion au sujet de cette Pierre de Rosette du quotidien que sont les métadonnées, pour l’archiviste officiant dans le monde numérique.

Image : inscriptions hiérogliphiques hittites.

La conservation des archives électroniques : enjeux et perspectives

Le groupe AURORE (réseau des Archivistes des Universités, Rectorats et Organismes de Recherche), qui est un groupe de l’AAF (Association des Archivistes Français) organise une journée d’études sur la conservation des archives électroniques, le 12 juin 2009 à l’Université Montpellier 1.

Voici son programme détaillé :

8h30 – 9h00    Accueil des participants

9h00 – 9h45     Discours d’ouverture

9h45 – 10h05    Introduction :

Stéphane KRAXNER, Institut Pasteur : définitions et panorama des archives électroniques

10h05 – 11h05 L’archivage électronique : réflexions sur sa mise en œuvre au sein de deux établissements

Présidence : Alexandra PRUM, Université Paris Dauphine

  • Goulven LE BRECH, EHESS: La collecte d’archives électroniques dans un établissement d’enseignement supérieur : pistes de réflexion
  • Hélène CHAMBEFORT, INSERM : L’expérience de l’INSERM : réflexions quant à la mise en place d’un système d’archivage électronique

Échange avec les participants

11h05 – 11h20 Pause

11h20 – 12h15  La gestion électronique des documents (GED)

Présidence : Stéphanie MECHINE, Rectorat de Paris

  • Isabelle GALLOIS, Université Paris VI – Pierre et Marie Curie : Lancement d’un projet GED : l’expérience de l’UPMC
  • Alice CHATEAU, ministère de l’Intérieur : L’inscription d’un projet de gestion électronique de documents (GED) dans une politique de gestion de l’information définie et maîtrisée : L’exemple de la Division des relations internationales au sein de la DCPJ
  • Didier DEVRIESE, Université Libre de Bruxelles : De la GED à la catalographie d’archives : Pallas – Disco, les outils intégrés

Échange avec les participants

12h15 – 14h00  Buffet

14h00 – 16h00  La pérennisation des archives

Présidence : Jean Philippe LEGOIS, Mission CAARME

  • Clarisse HOLICK, AD Seine Maritime : La sensibilisation des services versants à l’archivage électronique à travers 2 expériences : AFSSA et AD Seine-Maritime
  • Delphine FLORECK, Université Toulouse 1 : L’historique et le devenir des données étudiants : première approche à l’Université de Toulouse 1
  • Lorène BECHARD, Département Archivage et Diffusion du Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur : Les modalités de l’archivage électronique pérenne au CINES : la plateforme PAC

16h00   Conclusions